Author : Bachand, E.; Bernatchez, P.; et Arsenault, D. Date : 2008. Title : Developpement d’une méthode de datation dendrochronologique des mouvements de masse en milieu côtier. Publication : Programme du XIième congrès quadriannuel de l’Association québécoise pour l’étude du Quaternaire. Baie-Comeau, Québec.19 au 22 août. 2008. Issue : Page(s) : 70.
Abstract
En bordure des cotes a falaise, les mouvements de masse jouent un rôle majeur au niveau des apports sédimentaires, et constituent un géorisque important. Le lobe de sédiments qui s’étale sur la plage protège naturellement la falaise contre l’action des vagues durant plusieurs années. Il se produit alors un cycle d’instabilité-stabilité dans la dynamique de l’évolution des falaises. Toutefois, la durée du cycle et les facteurs influençant la variabilité temporelle et spatiale du rythme d’érosion des lobes de mouvements de masse sont peu documentés. Or, cette information est importante pour définir un zonage du risque adapté à la dynamique des aléas côtiers. Afin de mesurer l’évolution d'un lobe, son année de formation doit être précisément connue. L'objectif de cette recherche est d'utiliser la dendrochronologie pour dater les glissements à partir des pics d’établissement de la régénération forestière et des anomalies de croissance des arbres survivants dans les amphithéâtres des mouvements de masse. La Côte-Nord présente plusieurs anciens glissements non datés et d’autres dont l’âge est connu, un contexte idéal pour développer une telle méthode. Cette étude a été menée dans trois amphithéâtres de coulées argileuses le long de 1,5 km de côte sur le complexe deltaïque de la rivière Saint-Jean en Minganie. Un échantillonnage systématique des arbres sur le talus et le plancher des trois sites a permis de dater l'établissement de 515 individus. Des pics d'établissement indiquent que les événements remontent à 1937, 1972 et 1998. Selon les résultats préliminaires, le temps de réaction du milieu à se régénérer sur l’ensemble de la coulée varie d’un site à l’autre. Ce temps est respectivement de trois ans, deux ans et moins d’un an. Dans le contexte de la Côte-Nord, cette méthode permet donc de dater des coulées argileuses d'au moins 70 ans. Avec une plus grande intensité d'échantillonnage, il semble possible de dater des événements encore plus anciens. La poursuite de l’analyse permettra d'examiner si le temps de réaction des arbres varie selon leur localisation dans la coulée et selon les espèces impliquées pour identifier les conditions les plus propices à la datation de tels événements.